Sortie du 28 Septembre 2008 à Thau.
Journée
« porte ouverte » organisée par les Bio 34 pour le « Suivi du Ponton de
la Bordelaise » avec, au programme, plongées du bord autour du Ponton
et … randonnées palmées pour les enfants et les non plongeurs autour
d’un petit sentier sous-marin balisé monté pour l’occasion par les
organisateurs de la journée.
Petite sortie … en nombre de
plongeur … trois plongeurs d’ABB … parmi la vingtaine, voire la
trentaine de plongeurs présents … nous avons vu des plaques
d’immatriculation 71 et même 73 … il faut croire que le Ponton attire
les plongeurs de loin.
Mais surtout … Retour à Thau pour plonger
dans des conditions climatiques différentes des dernières plongées.
Saison oblige … et … Curiosité de découvrir les fonds de l’étang en ce
début d’automne, dans des eaux nettement plus chaudes que les dernières
plongées club de décembre et de mars derniers avec de l’eaux à 20°C au
lieu des 10 ou 12°C déjà connu. Une belle différence de température qui
doit bien se retranscrire dans les ambiances sous-marines ainsi que sur
la faune et la flore présentes dans ces eaux bien plus chaudes.
Un petit aparté … qui vaut son pesant de cacahuète …
Autre
chose de nouveau … lors des autres sorties, nous avions abordé le site
uniquement depuis l’eau … arrivée en bateau, amarrage au ponton, mise à
l’eau depuis le bateau et retour en bateau, sans jamais mettre le pied
à terre …
Cette fois-ci, les départs se faisant depuis le bord (saut
droit depuis le ponton et remontée sur la berge en longeant le ponton),
un autre point de vue sur le site c’est révélé à nous. Je ne veux pas
trop en dire … pour laisser le plaisir de la découverte aux personnes
qui souhaiteraient y aller plonger (un départ plage sur un site ouvert
à tous … c’est peut-être une future sortie club …) mais, pour résumer …
le paysage et l’ambiance sont soit : 1- si on est pessimiste … un avant
goût des paysages et de l’état de notre planète … dans dix ou vingt ans
… si on laisse faire les choses … et … 2 - si on est optimiste … que ça
ne peut pas être pire … que ça ne peut que s’arranger vu l’état
déplorable des abords …
Une ambiance et des paysages genre … « fin du monde sous le soleil » … Ca vaut malheureusement le coup d’œil …
Enfin … mieux vaut aller voir sous l’eau … C’est beaucoup plus intéressant … pour le coup !!!
Et
dire qu’il y a des hippocampes … ces animaux si fragiles … qui vivent
là … au pied de cette décharge à ciel ouvert … Une honte … Il faut
croire qu’ils s’accrochent à la vie avec persévérance … les petits
bougres.
Doit-on venir plonger ici ? Dans ce capharnaüm … Est-ce une bonne idée ?
En
tout cas … on n’en sort pas indemne … Ca pour un choc … c’est un choc …
lorsqu’on ne connaît que le côté sous-marin du miroir, l’autre côté est
beaucoup moins attrayant.
Des Journées « porte ouverte », où l’on
vient en famille, pour pique-niquer et découvrir les merveilles
sous-marine … sur ce site … vaste dépotoir à ciel ouvert … à la limite
de la dangerosité … et où se côtoient plongeurs, familles en sortie
dominicale, randonneurs à palmes et pêcheurs … Doit-on montrer l’envers
du décor ?
Je me suis posé la question … vraiment … et la seule
réponse qui m’est venue, en conclusion, c’est que … Oui !!!
Malheureusement … Oui !!!.
Car, pour ne plus laisser le site à l’abandon, il faut qu’il soit fréquenté …
Bien
que dangereux, s’il est fréquenté régulièrement, les habitudes
changerons peut-être … Ce ne sera plus une simple décharge sauvage, Un
délaissé urbain et un « no man’s land » en dehors des endroits
habitables. Il sera peut-être réhabilité et dépollué … Voir, au pire …
fermé au public et clos … pour dangerosité à la santé publique.
En
faisant venir des gens ici, des familles venant de toute la région,
voire de plus loin … les Bio 34 jouent au poker avec les pouvoirs
publics … une drôle de partie. Quelle en sera l’issue ?
Enfin … passons à des choses plus sympathiques. Allons voir ce qui se passe sous l’eau.
Nous
n’avons pas été déçu … Thau … Comme à son habitude, ça grouille de vie
… et pas tout à fait la même vie qu’ailleurs … Des plongées à part …
Toujours aussi agréables … surtout dans de l’eau à 20°C.
Première plongée du matin.
Paramètre : prof : 6 mètres, durée : 48 min.
On
a commencé par le côté du ponton que l’on connaissait déjà, la face
bien exposée au soleil matinal et ou avaient été repérés plusieurs
hippocampes … Toujours un but en soit l’hippocampe … à Thau.
La visibilité est … pas trop mal. Nous nous attendions à pire avec cette eau relativement chaude.
Pour le coup, la luminosité aidant avec le grand soleil que nous avions à l’extérieur, les plongées furent très agréables.
Une
grande différence avec nos précédentes plongées : peu, voire pas du
tout de doris et limaces en tout genre que nous avions rencontré lors
de nos précédentes plongées. La saison … sûrement.
Par contre, les
sabelles, spirographes, serpules et cérianthes pullulent littéralement.
Un vrai régal pour les yeux. Très peu craintives, elles se laissent
approcher de très prés, jusqu’à ce qu’on les affleure.
Moules, ascidies, anémones, éponges de toutes sortes sont de partout.
Nous sommes tombés sur le premier hippocampe presque tout de suite.
Moment toujours magique que nous avons fait duré le plus longtemps possible.
Nous en croiserons un deuxième un peu plus loin dans la plongée.
Seiches, gobies et même une anguille endormie dans les algues.
La vie accrochée est toujours aussi dense.
Les
plongées se faisant au gré des envies de chacun, nous sommes
relativement tranquilles sous l’eau. Nous ne serons rejoints, puis
doublés que par une autre palanquée de trois plongeurs, trois espèces
de hors-bord, qui devaient sûrement avoir un rendez-vous urgent quelque
part et qui nous laisseront en guise de souvenir qu’un joli nuage de
particules. Sympas … les mecs.
La deuxième plongée du jour ce fera sur l’épave du chalutier échoué de
l’autre côté du ponton. On peut le voir depuis le ponton car la plus
grande partie de l’épave émerge de la surface et longe le ponton.
Paramètres : prof : 7 mètres, durée : 62 min.
Nous nous dirigeons de l’autre côté du ponton en passant sous les arches de pierres.
La plongée consiste à longer et explorer l’épave.
Sa coque est colonisée sur toute sa longueur et abrite des petits bancs de poissons dont pas mal de petits sars à tête noire.
Deux jolis syngnates se dissimulent dans la végétation accrochée aux parois.
Quelques bouquets de clavelines, de-ci, de-là, nous rappellent les fragiles merveilles qui vivent dans ces eaux.
La
lumière est toutefois moins intense que dans la matinée. C’est
uniquement à l’approche de la surface que la plongée prend tous ses
éclats.
Nous repassons une deuxième fois sous les arches pour finir notre plongée côté sortie de l’eau.
Nous
nous retrouvons une deuxième fois dans un énorme nuage de vase en
suspension surgit de nulle part. Sûrement une autre palanquée … Et
c’est dans ces moments de grande solitude, lorsque seul le halo de
lumière du soleil qui perce à la verticale la purée de pois et nous
signale la direction de la surface alors que toutes les autres
directions sont complètement identiques … qu’arriver à apercevoir le
bout d’une palme de votre binôme devient un exploit alors qu’il n’est
situé qu’à quelques dizaines de centimètres de vous … que l’on
s’aperçoit que les plongée à Thau ressemblent plus à des plongées en
lac qu’à des plongées en mer, bien que l’eau soit salée et cette
fois-ci … chaude.
Décidemment … La magie de Thau c’est bien ça … Un environnement fragile
et rempli de merveilles … qu’un simple coup de palme peut faire
disparaître et transformer en nuage de vase putride.